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Contrat social, politique économique, préparer l’avenir, l’Etat (obèse) de plus en plus défaillant !

"Le grand gaspillage" 2005

Fin 2004 une dette publique à 1067 Milliards d’euros.

jeudi 3 novembre 2005, par Jacques Marseille

Sur ses 3 missions : préserver le contrat social, choisir les meilleures incitations de politique économique, préparer l’avenir, l’Etat est de plus en plus défaillant.

Pour 66% des Français, la France est en déclin, mais 69% sont convaincus que leur pays est capable de se réformer.


Voir en ligne : Site de l’auteur du livre : Jacques Marseille

En 2002, quand Le Grand gaspillage a été publié, la dette publique de la France s’élevait à un peu plus de 900 milliards d’euros. A la fin de l’année 2004, elle a atteint 1067 milliards d’euros.

En 3 années d’impuissance de l’Etat à s’attaquer franchement au chantier de la réforme, la dette publique s’est donc accrue de plus de 165 milliards d’euros, soit près de 2 000 euros par... seconde !

Dans le même temps, la richesse nationale, que mesure le Produit intérieur brut, s’est accrue de 101 milliards d’euros. Tout s’est donc passé comme si la totalité du surplus de richesse avait été « confisquée » par l’ensemble des administrations publiques. Ainsi, en 2004, l’impôt sur le revenu (53,4 milliards d’euros) ne sert pratiquement plus qu’à payer les intérêts de cette dette ( 45 milliards d’euros).

A cette date encore, malgré le poids d’une dépense publique qui s’élève à 54,5% du PIB contre 52,7% en 2002, un des pourcentages les plus élevés au monde, l’ensemble des indicateurs de la croissance sont au rouge : le taux de chômage est grimpé de 9% en 2002 à 10% en 2004, la part de marché de la France dans le commerce mondial est tombée de 8% à 7,3%, la balance des paiements est devenue déficitaire après 12 années d’excédents et les comptes de la Sécurité sociale affichent plus de 10 milliards d’euros de déficit.

Pourtant, alors que les indicateurs de la France vont dans le mauvais sens, il ne se passe rien ou presque. L’ Etat impécunieux et enkysté dans des organisations obsolètes est devenu un fardeau pour des Français auxquels il fait subir une trop forte pression fiscale sans pour autant leur proposer des services publics compétitifs assurant une meilleure employabilité et surtout une meilleure éducation pour leurs enfants dont près de 15% sortent du système éducatif sans formation.

Perrin , Parution 10/2005, Collection Tempus, 11 cm x 18 cm , ISBN 2262024146

Sur les 3 missions qui sont les siennes :
- préserver le contrat social, c’est-à-dire garantir à chaque citoyen qu’il sera traité de façon égale à la naissance et protégé, tout au long de sa vie, de l’insécurité économique et sociale
- choisir les meilleures incitations de politique économique, c’est-à-dire offrir le cadre le plus favorable à l’esprit d’entreprise
- préparer l’avenir, c’est-à-dire choisir les investissements les plus stratégiques en matière de sciences et de connaissances, l’Etat est de plus en plus défaillant : le nombre de fonctionnaires reste pléthorique, les déficits ne se réduisent pas et la dette augmente.

L’Etat employeur-débiteur consacre désormais l’essentiel de ses ressources à la rémunération de ses fonctionnaires et à la gestion de sa dette. Une dette qui pourrait devenir une véritable bombe si les taux d’intérêt augmentaient, même modestement.

Ce qui fait défaut à ceux qui gouvernent la France au plus haut niveau depuis trop longtemps, c’est le courage, la pédagogie et le bon sens. S’il y avait une loi démontrée par l’épreuve expérimentale, c’est que tous les pays qui ont su vaincre le cancer du chômage - et ils sont très nombreux- ont été, dans le même mouvement ceux qui ont su réduire le poids de la dépense publique.

Du pourcentage le plus élevé atteint au début des années 1990 à aujourd’hui, ce poids s’est réduit au Canada de 52% à 40%, au Danemark de 62% à 56%, en Nouvelle-Zélande de 46% à 38%, aux Pays-Bas de 56% à 49%, en Suède de 73% à 58%. La Finlande, l’Espagne et l’Irlande, qui affichent en 2004 les taux de croissance les plus élevés de la zone euro ( respectivement 3,7%, 2,7% et 4,9%) sont en même temps les pays qui affichent le plus faible pourcentage de déficit public ( respectivement + 1,9%, 0% et - 0,1%).

A l’inverse, ceux qui présentent les taux de croissance les plus faibles, l’Allemagne ( 1,6%), l’Italie ( 1,2%), et la France ( 2%) sont en même temps ceux où le déficit du budget est le plus fort ( 3,3% du PIB en Allemagne, 2,4% en Italie, 3,6% en France).

Si la France respectait simplement la moyenne de la zone euro, qui était de 48,6% en 2004, elle pourrait redistribuer aux Français 100 milliards d’euros, soit près de 2 fois le montant de l’impôt sur le revenu, soit plus de 2 fois les intérêts de la dette, soit plus de 4 200 euros pour chaque personne active, soit près de 3 mois de revenu moyen supplémentaire.

Le gaspillage de la dépense publique, qui est devenu au fil du temps la marque de fabrique du « modèle » français, est bien devenu aujourd’hui le verrou qui absorbe sans limite des ressources qui dépassent les moyens du pays. En endettant la prochaine génération déjà confrontée plus que d’autres à la difficulté de trouver un emploi, en compromettant notre compétitivité par rapport à nos concurrents, l’Etat menace à terme les plus démunis et creuse le fossé entre les deux France, celle régie par le principe de la concurrence et soumise à tous les risques et celle marquée par la pérennité des avantages acquis.

Or cet engrenage n’est pas fatal. En 10 ans, le nombre de fonctionnaires en Suède a été divisé par 2. En Italie, un gouvernement de gauche a , avec l’appui des syndicats, supprimé le statut de la fonction publique. Au Royaume-Uni, une réforme a permis d’assurer le financement de l’enseignement supérieur par ceux qui en bénéficient et non plus seulement par la collectivité.

En France, contrairement à un lieu commun surtout partagé par les élites, qu’elles soient politiques ou syndicales, l’ « opinion » n’est pas hostile à une réforme dont il faut simplement lui présenter la nécessité et les vertus.

Interrogés le 15 juillet 2005 par l’Ifop pour Le Journal du Dimanche, 66% des Français pensent que leur pays est en déclin mais 69% sont convaincus qu’il est capable de se réformer. 50% pensent que la France vit dans le passé mais 89% estiment qu’elle a beaucoup d’atouts.

En un sens, la réédition de ce Grand Gaspillage pourrait être analysée comme un pénible constat d’échec : pourquoi, après 3 ans d’un diagnostic largement partagé, rien ou presque n’a été fait.

Je préfère l’envisager comme un message d’espoir : 2 ans avant une échéance présidentielle qui s’avère capitale, il est temps de faire la pédagogie d’une réforme qui peut faire d’un pays en déclin un pays d’avant-garde si les Français et surtout ceux qui les représentent en ont la volonté et la méthode.


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