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Mondialisation et Délocalisations sont elles nuisibles ? évitables ? ou au contraire utiles ?

Mondialisation et Délocalisations en 7 questions / réponses.

Blog de Roland Marzuoli

mercredi 11 mai 2005, par Roland Marzuoli


Voir en ligne : Blog de Roland Marzuoli

Question : Le phénomène de mondialisation est-il nouveau ?

Réponse : Non.

C’est le prolongement d’un mouvement initié depuis la nuit des temps.

Au départ, des échanges commerciaux ont eu lieu de village à village, puis de vallée à vallée, puis de région à région.

On se souvient qu’au moyen-âge des taxes étaient prélevées sur les marchandises arrivant aux portes d’une ville ou d’une région.

Puis les barrières douanières entre régions sont tombées et le commerce a été libre à l’intérieur de chaque pays.

Question : La mondialisation est-elle globalement, intrinsèquement mauvaise ?

Réponse : Non.

Au contraire, elle permet l’accès du plus grand nombre à une plus grande variété de produits, de services, de savoir-faire, d’idées.

Elle provoque un enrichissement global, à la fois culturel et économique (stimulation réciproque, plus d’échanges, plus de travail, facteur d’échelle).

La diffusion des meilleures pratiques permet de tirer vers le haut les groupes les moins développés : au contact des techniques des groupes plus avancés, les groupes moins avancés s’adaptent en imitant, et leur niveau de vie monte.

C’est ce qui s’est passé en Europe lorsque l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, et la Grèce ont rejoint l’UE. C’est ce qu’on constate aujourd’hui dans le monde avec la fantastique croissance des pays asiatiques.

On ne peut pas à la fois déplorer la misère dans les pays non industrialisés et rechigner à les voir monter dans le train de la croissance économique.

D’autre part, la mondialisation améliore le pouvoir d’achat des citoyens des pays riches puisqu’elle leur permet de payer leurs produits moins chers.

Cependant, il convient de ne pas sombrer dans l’angélisme : certains pays n’arrivent pas à entrer dans ce cercle vertueux (pays du continent Africain en particulier) et la mondialisation a besoin d’être régulée.

Question : La mondialisation détruit-elle des emplois dans les pays riches ?

Réponse : Oui certains emplois sont détruits mais ils sont remplacés par d’autres emplois.

Il est vrai que certaines entreprises originaires des pays riches délocalisent certaines activités dans des pays où le niveau de vie est plus faible, pour diminuer leurs coûts de production en employant de la main d’œuvre à bas salaire.

Mais les pays riches n’y perdent pas globalement, pour 2 raisons :

- Le niveau de vie des pays moins avancés augmentant, ils achètent plus aux pays riches.

Les emplois qui auparavant fabriquaient des habits ou des jouets dans les pays développés se déplacent vers les pays moins avancés, mais ceux-ci commandent des avions et des centrales nucléaires aux pays riches, y créant ainsi d’autres emplois. N’oublions pas que la balance commerciale de la France est généralement excédentaire.

Et on parle beaucoup des emplois dans la filière textile menacés par les Chinois, mais on évoque très rarement les Milliards d’Euro de commandes chinoises de produits Français engrangées par Raffarin lors de son récent voyage en Chine.

- Dans la chaîne de mise sur le marché d’un produit, seule la phase de fabrication se délocalise. Les phases amont (conception, marketing), et aval (distribution, service après-vente) restent forcément au niveau local.

Les emplois de production sont remplacés par des emplois d’analystes marketing, de chefs de produits, de distributeurs, de techniciens support ou maintenance.

A titre d’exemple, la France vend plus (12 mds € en 2004) aux 10 nouveaux pays de l’UE qu’elle ne leur achète (10 mds €)

Question : Peut-on arrêter ce mouvement ?

Réponse : Non, évidemment.

Tout autre discours est hypocrite, en particulier vis-à-vis du textile Chinois quand la Chine vient de nous passer des Milliards d’€ de commandes.

C’est un mouvement global irréversible depuis des siècles.

On aurait plus à perdre qu’à gagner à vouloir stopper la machine : voulons nous que nos Airbus nous restent sur les bras ?

Quand on est sur un escalier roulant, si on essaie de s’opposer au mouvement en s’agrippant aux parois, on tombe.

Question : Donc c’est normal que moi, employé dans une entreprise du secteur textile, je sois frappé de plein fouet par l’arrivée du textile Chinois ?

Réponse : Non.

Le déferlement du textile Chinois était parfaitement prévisible puisqu’il s’agit d’une conséquence directe d’accords que nous avons signés au niveau de l’OMC il y a quelques années.

Un état et un gouvernement responsables auraient anticipé le problème, prévenu les personnes concernées de façon claire et transparente en leur expliquant la raison de ce changement, et les aurait aidé à se reconvertir.

Question : Employé à faible qualification à un poste de production, ma situation est donc désespérée ?

Réponse : Non.

Comme pour tout changement inéluctable, il faut s’adapter :

- Anticiper ses conséquences avec lucidité, en créant par exemple un observatoire des emplois menacés

Permettre aux personnes concernées d’accepter le changement par un travail de vulgarisation, en l’expliquant avec un discours franc, direct, clair, responsable, humain, respecteux.

- Accompagner les personnes impactées pour leur donner courage et confiance dans un avenir positif et leur permettre ainsi de rebondir.

Cet accompagnement doit en particulier inclure :

- Un programme de formation pour aider ces personnes à développer leur employabilité tout au long de la vie, et à se reconvertir.

- Une réforme de la politique du travail permettant de créer de l’emploi pour les personnes faiblement qualifiées dans les activités de service de proximité.

Enfin, on voit bien que sur le long terme il est vital d’investir massivement dans :

- La recherche, qui nous permettra de développer une économie de l’innovation et de rester ainsi en avance sur les pays qui pratiquent une économie de l’imitation à plus faible coût que nous.

- La formation, afin de tirer le plus possible de personnes vers des hauts niveaux de qualification, correspondant à des emplois moins menacés.

Question : Finalement, l’Europe ne sert à rien, puisqu’elle ne peut rien pour moi ?

Réponse : Si, elle est même vitale pour notre avenir. L’Europe n’est pas responsable des délocalisations. Celles-ci n’ont pas attendu l’UE et dépassent largement ses frontières.

Au contraire, l’Europe a besoin d’Union car l’union nous permettra d’être plus compétitifs, donc amortira l’impact des phénomènes de délocalisation liés à la mondialisation.

Nous savons qu’un couple qui divorce s’appauvrit car 2 logements, mêmes plus petits, valent plus chers qu’un seul logement, il faut acheter 2 machines à laver au lieu d’une, équiper 2 cuisines au lieu d’une ...

De même un grand mariage Européen à 25 nous permettra d’être beaucoup plus prospère économiquement que 25 « divorcés », donc moins de chômage et plus d’argent pour la solidarité

Prenons un exemple : aujourd’hui l’ensemble des pays de l’UE consacre à la Défense un budget environ égal à celui des USA.

En revanche, l’armée des USA est 5 fois mieux équipée que les 25 armées Européennes réunies. Cela signifie que nous payons 5 fois plus cher un équipement militaire que les USA.

Pourquoi cela ? parce que chaque pays décrit les équipements dont il a besoin, de façon différente, chaque pays paie des gens pour réfléchir, évaluer, décider, ...

Donc nous faisons 25 fois ce que les USA font une fois, et payons 25 personnes pour réfléchir à un sujet là où les USA en paient une.

Ce phénomène se retrouve dans tous les domaines : la recherche, l’énergie, la santé, l’éducation, ...

Donc une Europe plus unie est une Europe avec des coûts plus bas, donc plus compétitive, donc moins sujette à délocalisations.


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